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hôpital, singapour

J’ai été hospitalisée à Singapour

28 octobre 2017

**La photo de couverture n’est pas moi**

Nous sommes le samedi le 28 octobre 2017. Il y a exactement 1 mois, j’ai été hospitalisée à Singapour pendant 5 jours. J’écris cet article pour moi, car je veux me souvenir exactement de tout ce qui s’est passé.

Le 28 septembre 2017 vers 10h20 am je me suis évanouie…

Le début

Je commence du tout début. La veille, vers 21h00, je me souviens avoir dit à François: « Je me sens essoufflée, et ça n’a pas rapport , on fait juste marcher. Ça doit être de l’anxiété, mais c’est bizarre, car je prends de la médication pour ça… » C’est à peu près ça que j’ai dit, puis on a passé à autre chose. Le lendemain matin, après que François fut parti pour le travail, je me suis réveillée, habillée, et j’ai pris l’ascenseur pour aller déjeuner. Il était environ 10h15 (le déj finissait à 10h30, fallait que je me grouille les fesses). En embarquant dans l’ascenseur, je me sentais encore le souffle court, mais encore une fois, je me suis dit que c’était cette foutue anxiété qui était revenue. Rendue dans la salle à manger, je me suis fait mon assiette: croissants et caramel. Oh my god. Ces croissants et ce caramel descendaient droit du ciel. J’ai mangé ça chaque jour tellement c’était bon. Pas très santé, mais écoute ben, je ne fais pas ça ici, à Shanghai, déjeuner des trucs comme ça. Je mange mes toasts au beurre de peanut (naturel en plus mesdames et messieurs!). En tout cas,  j’ai été porter mon assiette sur la table et je suis revenue me servir une tasse de lait chaud. Et c’est là que tout a chamboulé. J’avais la cafetière de lait dans les mains et j’étais entrain de me verser mon lait, mais je suis devenue toute en sueur et je me suis mise à entendre comme si j’étais dans un autre monde. Dans ma tête (parce que oui, j’ai eu le temps de penser) je me disais: « une chute de pression, nice ». Tout ce que je voulais faire, c’était de déposer la cafetière, car si je m’évanouissais je ne voulais pas m’ébouillanter. Pas bête la fille, hein?! Pis la… ben je me suis évanouie. Je me suis réveillée en me croyant dans mon lit; j’étais bien, confortable, mais je ne reconnaissais pas les voix qui me disaient « Madam? Are you alright? » Je pensais que je rêvais, mais non. Un monsieur de l’hôtel m’a dit qu’il avait appelé l’ambulance. Moi je lui ai répondu: « Non non non, je vais bien ». Je me suis levée et ensuite assise. Ça allait pas pire bien, pour vrai. L’ambulance est arrivée et je suis partie pour l’hôpital local le plus près: la National University Hospital. Je tiens à préciser que j’ai réalisé un de mes rêves de faire un tour d’ambulance (j’sais c’est trash un peu comme rêve). Dans l’ambulance… ben j’étais encore correcte. L’ambulancier a appelé François pour qu’il vienne me rejoindre à l’hôpital.

À l’urgence

À l’hôpital… j’ai été toute suite transportée aux urgences. J’ai eu ma petite place avec mes petits rideaux et mon petit lit. J’étais plutôt bien. MAIS J’AVAIS FAIM et je pensais aux croissants qui étaient restés seuls sur la table, les pauvres… On ne m’a pas nourrie de la journée, même si je leur disais: j’ai faim. j’ai faim. j’ai faim. Ma demande a été répondue que vers 21h avec des craquelins et du lait au chocolat. On m’a passé plein de radios, de tests et autres trucs d’hôpital. Pis là, un moment donné, la docteure, m’a pris les mains et m’a dit: « It is positive, you did a pulmonary embolism« . Les tests étaient donc positifs, j’avais fait une embolie pulmonaire et le caillot était très gros. François était avec moi et je pleurais, mais je ne braillais pas. Tout ce que je disais à la docteure c’est: « I won’t die, right? » Je ne vais pour mourir, hein? Elle a dit non. Cool, c’était au moins ça. On m’a ensuite annoncé que je devrai passer au moins 3-5 jours là-bas. Moins cool. Ah oui, en m’évanouissant je me suis fendu le derrière de la tête. Je ne voulais pas de points de suture, alors la doc m’a fait la technique des enfants: tu prends les cheveux de chaque côté de la plaie et tu tresses et après tu colles le tout. MAGIE! (En date d’aujourd’hui, j’ai encore de la colle sur le crâne.)

singapour, hôpital

Aux soins intensifs

On m’a donc envoyée aux soins intensifs (High Dependancy Unit). J’étais ploguée de partout 24h/24h et quand je voulais faire mes besoins, je devais peser sur un petit piton rouge pour que mon infirmière m’apporte la chaise-roulante du pipi-caca. Petite anecdote: la première fois que j’ai eu envie de pipi, on m’a apporté un pot, mais je n’avais pas le droit de quitter mon lit. J’ai dû faire de la gymnastique et pisser sur mon lit dans ledit petit pot. Je devais être chic. Après cet épisode, j’ai dit aux infirmières que je ne voulais plus ça, que j’étais capable de me lever et d’avoir la chaise-roulante. La première fois que j’y ai fait caca, j’ai tenté de le cacher et j’ai dit à l’infirmière qui est venue récupérer le tout: « sorry » en riant. Elle a aussi ri en me demandant si c’était la première fois que j’étais hospitalisée. La réponse était oui. Après ça, je n’étais plus gênée de faire des cac’. J’en étais rendue à appuyer sur mon petit piton rouge et disait: « Hello, I need to poop. » Hahaha, je me trouvais bien drôle (je n’ai jamais passé la phase pipi, caca, que normalement tu finis vers quoi? 4 ans ?) J’ai passé deux nuits là-bas à être monitorée 24h/24h. J’avais le truc autour du bras qui prenait ma pression sanguine chaque 30 minutes, un truc sur le doigt pour mon pouls ou mon oxygène, je ne sais plus, et des trucs collants sur la poitrine et le bedon (ça a resté collant en cristie ces affaires-là, grrr). Chaque infirmière que j’ai eu fut incroyablement gentille et je me rappelle particulièrement de Bi. Je l’adorais. Elle était drôle et mignonne. On me disait souvent qu’ils n’avaient jamais eu un(e) patient(e) aussi en forme aux soins intensifs. Physiquement, je me sentais super bien et même mentalement, malgré qu’on m’avait coupé toute ma médication d’antidépresseur. Je trouvais ça plate de ne pas pouvoir bouger du lit, alors que je me sentais bien, même si je savais que ce que j’avais eu ce n’était pas banal! François est venu me voir tous les jours. Pauvre enfant, il a dû dealer avec les assurances, la job et moi. Il était dans une pire situation que moi, j’crois bien! Après les premières nuits, le samedi 30 septembre, on m’a shippée en population générale (haha).

singapour, hôpital

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En population générale

Pas en prison là. J’avais maintenant une grande chambre, plus grande que celle de mon hôtel, avec une télévision, un frigo, un grand divan et surtout UNE SALLE DE BAIN PRIVÉE. J’allais pouvoir me laver. ENFIN. Quoique, j’étais ben dans ma crasse. Mes cheveux commençaient à faire des rastas, lol! Le premier jour fut plaisant, car j’ai eu la visite d’un couple d’amis vivant à Singapour. On m’a encore dit que jamais ils n’avaient vu quelqu’un d’aussi en forme arriver des soins intensifs. Je me sentais pas mal hot et forte. Chaque fois (au moins 1000 fois par jour) on me demandait si j’avais des douleurs au thorax ou si j’avais le souffle court et je répondais toujours la même chose: « No, I feel super good. » La première nuit dans ma nouvelle chambre a été plus difficile. Là, je me sentais anxieuse. Probablement car plus personne ne me checkait 24h/24h. Le lendemain, le dimanche 1er octobre, on m’a donné le go pour sortir et marcher. YOUPPI. L’hôpital est annexé à un centre commercial. François, moi et mon kit d’hôpital rose avons quitté la chambre. Nous sommes allés au Starbucks et j’y ai pris un Pumpkin Spice latté. FIRST THING FIRST. Par contre, la meilleure chose fut quand on m’a enlevé le cathéter. OMG. Libertééééééééé.

hôpital, singapour

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Je quitte (enfin!) l’hôpital

Lundi matin. C’était le jour où j’ai enfin pu m’en aller. Tout, depuis le début avait bien été jusqu’à ce que je rencontre LE médecin qui a tout gâché. Tsé, le genre de docteur avec aucun tact. Tout le monde était au courant que je faisais de l’anxiété. Lui, il est arrivé avec sa belle grande chemise blanche de docteur et m’a dit: « Tu es chanceuse de ne pas être morte, j’ai vu plein de gens faire la même affaire que toi et une fois arrivés à l’hôpital ils étaient déjà morts ». OK NICE. Je me forçais pour ne pas partir à pleurer. Il avait fort probablement raison. Mais, tant qu’à moi, tu ne dis pas ça de même à une patiente anxieuse. Il m’a aussi dit que je devrai être sur médication (des anticoagulants) toute ma vie, alors que tous les autres docteurs que j’ai vus m’ont dit 3-6 mois… D’ailleurs, je ne sais toujours pas si je vais en prendre toute ma vie ou pas. Dès qu’il est sorti de ma chambre, j’ai appelé François en braillant. Pas en pleurant. François, étant un peu fâché après le doc, est venu à l’hôpital et a demandé à lui parler. J’ai donc revu ce fameux monsieur que je n’aimais pas. Cette fois, j’ai craqué et je me suis mise à brailler devant lui en disant: « mais quand je vais voyager, je ne voudrai plus aller dans les endroits loin des hôpitaux, ni faire du hiking et blablabla ». Du charabia de fille en crise d’anxiété. Tout ce qu’il a fait c’est un rictus et a dit: « tout le monde voyage et tout le monde meurt ». ESTI. (Je voudrais m’excuser à mes grands-parents, mes parents, ma soeur et tout le monde que j’ai pu offenser avec mon sacre, mais je n’ai pas d’autres mots pour exprimer ce que j’ai ressenti à ce moment. hihi!)

Après cet épisode de docteur moche et 14 000 appels de François aux assurances, je suis sortie de l’hôpital avec mon tit sac de pillules à la main. Les assurances ont couvert 100%, mais on a eu peur à un moment donné de devoir tout payer. La job à François a été ultra compréhensive et a rallongé son business trip de 5 dodos, alors on n’a pas eu a payer d’hôtel. D’ailleurs, MERCI à Ubisoft Singapour. Ça a enlevé un gros poids sur nos épaules et sur notre porte-feuille!

Tout va bien!

On ne sait toujours pas mon embolie est due à quoi. Soit la pilule contraceptive Marvelon, soit l’avion, soit un gêne familial (si quelqu’un dans ma famille a déjà eu un caillot, dites-moi le svp, c’est quand même important, ha!). Naturellement, j’ai arrêté la pilule contraceptive. ET JE SUIS MENSTRUÉE DEPUIS UN MOIS. :'( Mais ça diminue la la. Si c’est trop d’infos pour vous, demandez à ma mère, ma soeur, mon frère et mon chum combien j’ai été (je suis?) tannante avec ça. C’est une « Facebook Messenger » série sur mes règles, à leur grand découragement. Je dois aussi faire attention pour ne pas me blesser, car mon médicament est considéré comme nouveau sur le marché et si j’ai des saignements internes, ben ils n’ont pas « d’antidote » (je ne sais pas trop comment l’expliquer) pour arrêter le saignement. C’était ça ou une médication nécessitant que j’aille me faire checker chaque semaine à l’hôpital. Non merci. Même, les médecins de Singapour m’ont fortement conseillée de prendre ça.

Bon, avec tout ça, on avait bien sur manqué notre voyage au Japon. Donc, le mercredi (je suis sortie le lundi 2 octobre), on est partie pour 6 jours en Indonésie, à Bali, rien faire et relaxer (sauf quand il y a eu Pâquerette la coquerelle dans la chambre, ce n’était pas très relaxe).

De retour à Shanghai, je me sentais faible. C’était parce que je manquais de fer à cause de mes règles désagréables et intenses. Alors, pour rajouter à toutes mes tites pilules (j’ai pu reprendre mes antidépresseurs que j’ai changés une fois revenue à la maison, vu qu’ils n’étaient pas compatibles avec mon anticoagulant), je prends aussi des suppléments de fer, mais je ne mange pas de brocolis. LÉGUME DU DIABLE. Ben non c’t’une blague, les brocolis ne sont pas avec les aubergines, dans la catégorie des légumes du Diable. C’est bon les brocolis.

VOILÀ! Malgré tout, je vais très bien et j’ai été ben gros chanceuse. Merci la vie (mon doux que les gens qui disent ça à tout bout de champ ça m’énerve. Par contre, là j’ai le droit de le dire (sauf dans mes statuts Facebook, c’est ma loi)). Toutes les circonstances ont fait que tout a bien été: j’aurais pu être en Chine (lol), j’aurais pu m’évanouir seule dans ma chambre, des « j’aurais pu » il y en a beaucoup, mais faut pas trop y penser!

Sur ce, je me souhaite une belle vie en santé et que mes menstruations redeviennent normales.

Et prenez des assurances voyages les ami(e)s. Nous, elle est fournie par la job à mon chum, mais ça aurait coûté 6000$ sinon.

 

XX

(Désolée pour les photos de qualité médiocre… c’est que les photos que François ou moi avons prises n’étaient pas dans le but qu’elles soient belles, comme des photos de voyage, mettons.)

 

** Crédit photo de couverture: Pixabay

 

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